La censure

Introduction

La définition de la censure selon le site de l’Office québécois de la langue française est :
« Contrôle auquel une autorité religieuse ou civile soumet les écrits et les spectacles avant d’en autoriser ou interdire la publication ou la représentation. » La censure a été et est présente dans toutes les sphères de la société. Sous le couvert de la protection des citoyens les gouvernements prennent le droit de choisir ce que le bon peuple doit voir et savoir. Avec les médias sociaux est-ce que la censure est plus facile à appliquer ? Un pays comme la Chine avec son milliard et plus de personnes peut-elle contrôler tout ? Et pour longtemps ?

Les médias sociaux tout comme l’Internet en général sont le reflet de leurs « acteurs ». Les sources d’informations sont variées et pas toujours véridiques. Le monde de la rumeur est rapide sur les réseaux sociaux tout comme dans les villages de nos arrière-grands parents. On trouve également des sites ou blogs qui viennent à l’encontre de notre morale personnelle, culturelle et humaine. Bien évidemment personne n’est pour la pédophilie ou toute autre forme de violence sur le web et sur les réseaux sociaux.

Ne pas confondre protection et censure.

Plusieurs gouvernements veulent restreindre la liberté d’expression en invoquant la protection de leurs citoyens contre les influences extérieures. Plusieurs considèrent que c’est traiter l’humain d’une façon infantile et perverse. Fermer les portes virtuelles est une façon de garder les citoyens dans l’ignorance et de pouvoir mieux les contrôler. Cette façon de faire est utilisée depuis longtemps avec la censure de certains pays. Isoler pour mieux régner.

Les gens se posent-ils plus de questions lorsqu’ils ont accès à Internet et aux médias sociaux ? Certains mouvements ont grandi et se sont étendu grâce aux médias sociaux parce que les gens peuvent rencontrer d’autres avec qui ils ont des intérêts communs.

La force des médias sociaux est aussi leur rapidité de réaction.

On peut se regrouper en différents groupes et faire des pressions sur les gouvernements. Bien évidemment tout comme dans le monde en général le Web a besoin de leaders. La personne qui va démarrer le groupe ou le blogue et s’en occuper pour le faire grandir avec la participation des internautes. Ce sont de ces personnes que les gouvernements qui contrôlent ont toujours eu peur. L’avantage aujourd’hui est que l’information sur les réseaux sociaux est de la vitesse de la lumière. Une photo qui fait le tour du monde avec de la torture est très négative pour les gouvernements. Les pays totalitaires auront-ils toujours le contrôle de leur population ? Certains pays ont ressortis la « technique KGB »; engager des concitoyens pour dénoncer les activités interdites des internautes du pays.

15 ennemis d’Internet

La liberté d’expression est essentielle à la démocratie. Malheureusement dans le monde actuel plusieurs n’ont pas accès à ce droit de parole. Sur le site de Reporters sans Frontières nous retrouvons : Reporters sans frontières rend publique sa liste des 15 ennemis d’Internet. Ces ennemis sont des pays pratiquant ou sur la voie de pratique de la censure Internet et par conséquent de nombreux médias sociaux. On y présente que l’Arabie Saoudite bloque 400 000 sites. Ces sites sont en majorité sexuels, politiques ou religieux mise à part ceux parlant de l’Islam approuvés par le Royaume. Des outils de création de blogues sont souvent inaccessibles. Tout récemment le gouvernement avait annoncé l’interdiction de la majorité des fonctionnalités des Blackberry allait également bloquer les e-mail et messageries instantanées. Une entente finalement est intervenue entre Blackberry et le gouvernement. Un serveur sera sur le territoire d’Arabie Saoudite mais les autorités devront attendre Blackberry se donne le droit de vérifier en direct mais ne l’accorde pas au pays. Les informations seront remise mais jamais en temps réel.

Viennent ensuite par ordre alphabétique le Bélarus qui bloquent des sites d’oppositions. La Birmanie est dans les premiers au niveau censure. Sites d’oppositions systématiquement bloqués. Pas d’accès aux différents webmails (Gmail,Yahoo, etc.) Des captures d’écran sont faites aux 5 minutes dans les Cybercafés.

La Chine sait qu’elle ne peut pas se passer d’internet alors elle a mis toute une armada pour « protéger » le pays. Technologie de filtrage, répression et diplomatie. 62 personnes emprisonnées pour des textes publiés sur Internet. 30 000 à 40 000 fonctionnaires travaillent à la surveillance du réseau que l’on appelle La Grande Muraille Numérique.

En Corée du Nord seul quelques milliers de privilégiés ont accès au réseau censuré. À Cuba, on a besoin d’une autorisation du Parti pour avoir accès au réseau. Téhéran en Iran détient le record du nombre de blogueurs emprisonnés. Tout le net est censuré. Les filtres en Libye censurent au maximum les blogues et des internautes. Les Maldives refoule la liberté d’expression. Le Népal fait constamment pression sur les blogueurs. Dans les cybercafés Ouzbékistan quatre Euros d’amende pour les visites de sites pornographiques et huit Euros pour des sites politiques défendus. En Syrie, on emprisonne pour des photos de manifestation ou pour échange de courrier. La Tunisie a une censure très efficace. Le Turkménistan et le Vietnam emprisonnent également les cyberdélinquants. Certains pays sont à surveiller également selon Reporters Sans Frontières. Le Bahreïn , La Corée du Sud, L’Égypte, les États-Unis, le Kazakhstan, la Malaisie, Singapour, la Thaïlande, L’Union Européenne, le Zimbabwe.

Déni de service

Les médias sociaux sont utilisés pour censurer et faire taire certains dissidents. Certain « deni de service » ont été utilisés censurer des cyberdélinquants comme on peut le voir dans le texte de Alexandra Bonan « La censure dans les médias sociaux » Où elle affirme qu’une attaque dirigée vers un blogueur a bloqué Twitter et Facebook. Le blogueur a déclaré « Une attaque d’une telle envergure (…) n’a pu être organisée que par quelqu’un disposant de gigantesques ressources ». Dans cet article du Le Monde.fr. Internet en Chine : « Une censure aléatoire, hypocrite et contournable », on y apprend que presque tous les blogues sont censurés et que les médias sociaux tel que Facebook, Twitter et Youtube y sont bloqués. Mais tout le monde fini par avoir l’accès aux sites grâce à des logiciels fournis par des amis chinois… Sur les millions de blog qui se créent chaque jour les pays qui censurent doivent être à la fine pointe de la technologie pour arriver à bloquer les fuites de réseaux.

En Iran lors dès élections présidentielles du 12 juin, la victoire de Mahmoud Ahmadinejad annoncée, les services d’interception iraniens ont rapidement censuré les e-mails, vidéos et web. On peut voir les courbes chuter entre le 12 et 13 juin.

Extrait de A Deeper Look at The Iranian Firewall par Craig Labovitz

D’autres pays sont à surveiller, selon le site de RSF : La France, l’Italie, la Grande-Bretagne, l’Australie: des sujets d’inquiétude on peut y lire que certaines actions peuvent mener à un désir de contrôler plus grand. Comme en Italie où des dirigeants de Google ont été condamnés pour ne pas avoir empêché la mise en ligne d’une vidéo. Dans cette vidéo on y voit un adolescent handicapé se faire maltraiter par des camarades de classe. De cette façon le gouvernement demande une censure avant la mise en ligne. Une autre forme pour « faire disparaître » est simplement la cyber-attaque sur les sites.

Réaction des internautes face à la censure

Comment réagissent les internautes à travers le monde face à cette censure ? Certains comme en Thaïlande réagissent à la fermeture de blog tout en se rabattant sur Facebook. D’autres comme Reporters sans frontières lance son abri anti-censure. Ils sont comme les Gaulois dans Astérix. Ils offrent un abri physique et virtuel à ceux qui dans certains pays souffrent de la censure. Encore faut-il se rendre physiquement ou virtuellement sur les lieux. Comme dans plusieurs certains pays y-vont-ils d’assignation à résidence comme l’épouse du dissident chinois emprisonné Liu Xiaobo. Cette dernière s’est vu confisqué son cellulaire. Le pays sait que l’arme d’aujourd’hui est souvent virtuelle et difficile à arrêter. Les techniques de contournement sont nombreuses. VPN (virtual private network), systèmes de communication anonyme (ex : le réseau de tunnels virtuels Tor), solutions de cryptage (Open source web proxy ex : Psiphon), de brouillage d’email (MixMaster). Les techniques de contournement sont multiples. Le Global Internet Freedom Consortium, créé par des participants aux manifestations de la Place Tiananmen ainsi que des chinois expatriés est un bon exemple. Il s’adresse à tous ceux qui ont de la difficulté dans leur pays.

Sur le site HerdictWeb on peut voir en temps réel ce qui a été rapporté inaccessible. On peut également chercher pour un site spécifique. On sent une volonté de démontrer les degrés de censure de tous les sites dans le monde. On le présente dans le vidéo suivant comme une « technologie civique ».

Herdict: Real Time Censorship Mapping

Est-ce que les pays pourront contrer tous les hackers du monde pour empêcher leurs citoyens d’accéder au Web et aux médias sociaux ? Pourquoi les réseaux sociaux majeurs et les blogues sont-ils les cibles principales ? La force des mots et des opinions sera-t-elle plus forte ?

La pérennité de la censure est-elle assurée ? Est-ce que la majorité des citoyens de ces pays sont prêts à se rallier ? On sent des vagues un peu partout sur la planète. Parce que l’Internet et les médias sociaux ont ouvert les frontières virtuelles. L’isolement est la façon la plus facile de contrôler des humains. Mais les médias sociaux ont ouvert une fenêtre sur la planète à beaucoup d’humains qui ne pouvaient pas voir « l’extérieur ». Il reste cependant beaucoup de travail à faire pour engendrer des revirements de gouvernement et de tendance. Est-ce qu’il serait possible que les pays viennent à censurer les médias sociaux pour orienter l’opinion publique ? Les nouvelles technologies de surveillance comme le Deep Packet Inspection. Ces technologies utilisées en Amérique du Nord, en Europe et en Asie pour la surveillance et la censure.

Censure ou politiquement correct

Les médias sociaux ouvrent la porte du monde à des communautés pour apprendre, échanger et communiquer avec d’autre. En fait Internet et les médias sociaux, c’est éduquer, faire connaître les différences pour mieux s’apprécier. Ce qui peut être très dangereux pour certains gouvernements.

Il faut aussi penser à la censure politiquement correcte. Comme dans l’article du blog Korben Google censura-t-il les anti-chiens. Il explique que majoritairement les sites sur les chiens sont pour ceux qui les aiment. Certain sites sont anti-chiens, ce sont des gens qui n’aiment pas les chiens. Les défenseurs des droits de l’animal (PETA) ont porté plainte à Google pour retirer ces sites. Est-ce que cette censure est valable ? Doit-on aussi fermer des sites sur des cliniques d’avortement à la demande de Pro-vie ?

En Finlande et en Estonie l’accès Internet est un droit fondamental de l’Homme. La BBC a interrogé 27 000 personnes dans 26 pays sur ce qu’elles pensent d’internet comme droit fondamental. Four in Five Regard Internet Access as a Fundamental Right: Global Poll, Mars 2010. Dans les résultats on peut lire que 79 % considèrent l’accès Internet comme un droit fondamental. 78 % disent que ça leur a apporté plus de liberté. Par contre pour la liberté d’expression : 48% des gens considèrent que l’Internet n’est pas un endroit sûr pour donner son opinion contre 49 % qui ne le ressentent pas. Un peu plus de la moitié considèrent qu’Internet ne devrait pas être contrôlé par aucun gouvernement.

Image prise sur le site : Four in Five Regard Internet Access as a Fundamental Right: Global Poll

En moyenne 5.5 % des internautes sont préoccupé par la censure gouvernementale. La censure du gouvernement chinois se reflète dans le 29% d’internautes qui se sentent concernés.

Entre censure et paranoïa

La « résistance des citoyens » se déploie mais de leur côté les gouvernements recherchent de plus en plus le contrôle du net. Sans tomber dans la paranoïa conspiratrice différentes technologies sont mises en place par les gouvernements pour censurer donc contrôler tous les aspects des communications. Les sites qui parlent de ce sujet le font souvent avec un fond de conspiration mondiale. Est-ce que il faut toujours garder un esprit ouvert face à ces théories ?

Si on va sur le site Contre la pensée unique on peut voir un vidéo de Alex Jones. Il explique entre autre que l’Internet sera concentré sur quelques méga sites. Il dit que le gouvernement (américains) et l’ONU ont décidé que les gens ne pourront plus avoir accès à d’autres sites que ceux décidés par eux. Que les internautes pourront seulement ouvrir des sous-domaines comme Youtube et Facebook entre autre. Et à ce moment le gouvernement pourra bannir qui ils veulent. Et plus précisément les deux sites de ce monsieur.

Les réseaux sociaux réagissent rapidement lors de cas de censure. La rapidité des informations qu’elles soient véridiques ou non est fulgurante. Un site est inaccessible et rapidement on saute aux conclusions. Croire l’information présentée sans vérifier est ce qui menace le plus les internautes. De fausses rumeurs peuvent ruiner la réputation de façon rapide et définitive. Les groupes anti-conspiration viennent quand même mêler les cartes et faire réfléchir.

Conclusion

Comment les réseaux sociaux survivent et survivront-ils à la censure des pays ? Jusqu’où les gouvernements peuvent-ils aller dans la censure sans déclencher un tollé de protestation ?  Liberté d’expression contre répression ?

« Il semble qu’à notre époque, le plus grand défi en ce qui concerne la liberté d’expression sera d’adapter le droit aux changements technologiques, le concept de liberté d’expression ayant d’abord été inventé afin de couvrir l’utilisation d’instruments informationnels en voie d’être relégués aux oubliettes. Les lois et normes portant sur la propriété intellectuelle ou la diffamation devront maintenant être adaptées aux nouvelles technologies de l’information, qui fonctionnent maintenant sans réseaux et intermédiaires. Il ne reste alors qu’à espérer que les mots de l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme garderont toute leur signification et sauront inspirer les dirigeants de ce monde à imposer le respect de la dignité humaine et de la liberté d’expression. » Texte tiré de l’article La liberté d’expression en 2010: une perspective tournée vers l’avenir

Les réseaux sociaux et Internet ont facilité l’expression et les opinions de gens qui n’en avaient pas avant et qui maintenant à peu de frais peuvent obtenir une tribune et une audience plus ou moins importante. Cela reste un endroit où la loi existe comme les droits d’auteurs, la diffamation et les marques déposées et autres. Les paroles et actes peuvent être lourds de conséquences quelque soit le régime du pays où l’internaute se trouve. Celui-ci doit en être conscient.

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